Vestige de la guerre sous le Paris Hôtel

poincare001On parle beaucoup actuellement de l’Hôtel de Paris, qui vient d’ouvrir, ou plutôt de réouvrir, rue Henri Poincaré. J’avais eu l’occasion d’en visiter le chantier et d’y faire une trouvaille intéressante.

La rue Henri Poincaré est assez récente à Clichy. Elle n’existait pas encore au début du vingtième siècle et c’était alors un vaste terrain vague qui faisait face à l’école Victor Hugo. La rue Poincaré fut ensuite construite entre la rue de Belfort et le boulevard du Général Leclerc avant d’être prolongée (rien de rare à y voir, cela se passait souvent ainsi), comme le montre l’arrêté préfectoral pris par la Préfecture de la Seine en date du 23 août 1914 qui stipule que la « rue Henri-Poincaré prolongée (parties comprises entre la rue d’Alsace et le boulevard de Lorraine » a été classée au nombre des voies publiques urbaines de la commune de Clichy.

poincare003Je ne sais pas en quelle année à ouvert l’Hôtel de Paris au 3 rue Poincaré, mais je sais qu’il était déjà en activité en 1962 au vu d’un document que j’ai trouvé. A l’occasion de son changement de nom en 2019 (l’Hôtel de Paris est devenu le Paris Hôtel), l’établissement s’est offert un lifting complet. Quand je suis passée voir le chantier au cours de l’été 2018, ce fut très impressionnant : il ne restait véritablement que la façade qui tenait debout. A l’intérieur, le bâtiment apparaissait comme une coquille vide. Tout a été détruit, pour pouvoir renaître. Le maître de chantier, passionné, m’a expliqué avec un grand enthousiasme ce qu’allaient devenir les lieux. Il m’a montré la cour, qui abrite désormais une très conviviale salle pour les petits déjeuners.

poincare004Mais ce qui m’intéressait, encore une fois, c’était le sous sol ! Là, j’ai pu découvrir ce que je cherchais : un mur à casser, c’est à dire, la sortie de secours réglementaire mise en place pendant la seconde Guerre Mondiale. A cette époque, lors des alertes, il était obligatoire de s’abriter. Faute de mieux, on trouvait refuge dans les caves de son immeuble. Mais, si jamais une bombe faisait s’ébouler l’édifice, qu’advenait-il des personnes ensevelies ? C’est pour répondre à cette problématique qu’a été ordonnée la construction de ces sorties de secours : des murs fragiles qu’on pouvait très aisément briser afin de passer dans les caves de l’immeuble mitoyen et ainsi espérer regagner la surface. Beaucoup de ces parois ont désormais disparu mais il est encore possible d’en retrouver certaines, comme ici. Clic, l’image est dans la boîte !

J’ai eu bien fait, car ce mur à démolir n’est désormais plus visible. La pièce où il se trouvait accueille maintenant le joli SPA de l’hôtel. Une installation qui ravira bien plus les résident(e)s et touristes que ce petit mur, dont ce blog laisse néanmoins une trace pour qu’il ne sombre pas dans l’oubli. Le Paris Hôtel, deux étoiles, compte 26 chambres, dont des suites.

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Crédits photos : Paris Hôtel ; Orianne VATIN


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