Miss France 1934 et abri anti-aérien rue Fernand Pelloutier !

rueduparc001En faisant des recherches sur l’immeuble sis au 12 rue Fernand Pelloutier, j’ai retrouvé la trace d’une ancienne Miss France et d’un abri anti-aérien oublié…

A l’origine, cette voie s’appelait la rue du Parc, « car elle était située sur l’emplacement de l’ancien Parc Marjolin », indique le site cpa-clichy-92 (qui propose de belles vues anciennes de notre ville). Cette explication me semble cependant inexacte.

Jean-Nicolas Marjolin (1780-1850), chirurgien en second de l’Hôtel-Dieu, membre de l’Académie de Médecine et chirurgien consultant de Louis-Philippe ; « sur la fin de sa vie, se retira dans sa propriété de Clichy où sa passion des fleurs et des arbres occupait la plus grande partie de ses journées ». Quant à son fils René, né en 1812 (l’un des fondateurs de la Société de Chirurgie de Paris, qu’il présidera), « il cultivait la botanique et, pendant ses voyages, recueillait des graines et des boutures que son père et lui semaient et plantaient dans leur beau jardin de Clichy » (selon Paul Reclus, membre de l’Académie nationale de médecine). Mais, car il y a un mais, a cette époque, Levallois et Clichy sont encore liées. Ce n’est qu’en 1866 que Levallois-Perret deviendra une commune à part entière ! Et aujourd’hui, à Levallois, se trouvent encore une rue Marjolin et un square Marjolin. Donc, le « Clichy » d’alors devait faire référence à la partie levalloisienne de Clichy. La rue du Parc garde donc le mystère de son nom… pour l’instant !

Miss France 1934

barillierAu numéro 12, on trouve un bel et imposant immeuble. En m’intéressant à son histoire, j’ai découvert qu’il abrita celle qui deviendra Miss France en 1934. Simonne Barillier y est née le 1er avril 1917. J’ai pu retrouver son extrait d’acte de naissance aux archives départementales, lequel indique que la petite a vu le jour dans le logement familial (ce qui était courant à l’époque, on n’accouchait pas systématiquement à l’hôpital) au « 12 rue du Parc ». C’est le 30 juin 1934, alors qu’elle n’avait que 17 ans, que sa vie basculera lorsque le jury (composé, entre autres, du peintre Picasso) la désignera comme Miss France 1934. Une fois couronnée, elle embrassera une carrière artistique et tournera dans 9 films, 2 téléfilms, une comédie musicale et quelques pièces de théâtre, auprès des plus grands de l’époque, comme Jean Marais et Pierre Mondy.

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Le Petit Journal la décrira ainsi le lendemain de son élection : « Miss France 1934 n’a que 17 ans ; elle est native de Paris et demeure 12 rue du Parc à Clichy. C’est le type représentatif parfait de la jeune fille française : la beauté s’allie chez elle à l’élégance, à la gracieuseté. Son visage, pur ovale, est surmonté d’une chevelure châtain clair qui avive l’éclat de ses yeux bleus. Joignez à cela un corps aux formes harmonieuses ». Elle ne nous a quitté que récemment, puisqu’elle s’est éteinte à Eaubonne en 2013, à l’âge de 96 ans.

Vaste abri anti-aérien

abripell002Mais ce qui m’a ammenée à investiguer le 12 rue Fernand Pelloutier (militant syndicaliste et anarchiste mort en 1901) ce sont d’abord ses sous-sols. L’adresse figurait sur la liste des 9 immeubles désignés par la municipalité en 1939 pour bénéficier d’un programme d’étaiement, liste que j’avais trouvée aux archives municipales. C’étaient en fait les 9 caves les plus spacieuses de la ville, qui furent renforcées par l’installation de poutres métalliques. Cet abri pouvait accueillir 172 personnes simultanément.

abripell003Toutes les modifications structurelles apportées à l’époque de la seconde Guerre Mondiale sont encore visibles : poutres en acier le long des murs, plafonds consolidés avec le même matériau, issues de secours réglementaires en briquettes friables à briser si besoin de s’échapper, issues de secours à échelons, plaques directionnelles en plâtre… Ces dernières présentent cependant une particularité que je n’avais encore jamais observée : elles ont l’air inachevées ! Certaines sont vierges, quand d’autres ont été remplies à la main, au lieu de l’emploi des traditionnels pochoirs. Plus qu’un manque de fonds, je pense qu’il a s’agit ici d’un manque de temps… A la fin de cet article, vous pourrez découvrir une gallerie photographique complète de mon exploration des lieux.

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Je termine avec une petite anecdote. Dans plusieurs journaux datés de 1938, je suis tombée sur une publicité vantant les mérites des crèmes de jour et de nuit Tokalon (la marque, pionnière du genre, existe toujours) et s’appuyant sur la prétendument spectaculaire métamorphose d’une demoiselle Drouet, habitant au 12 rue du Parc… Avec pour seule preuve du miracle, le témoignage « authentique » de la belle, accompagné d’un photo-montage aux ressorts grotesques. Au départ, je pensais à un faux témoignage illustré par le visage d’une actrice. Mais, après avoir déniché l’extrait d’acte de naissance de Simonne Barillier, me voilà saisie d’un doute. En effet, sa mère s’appelait Lucie Drouet, et habitait bien à l’adresse indiquée dans la réclame… Coïncidence ? Ou bien la mère et la fille ont-elles habillé les pages des magazines, chacune à leur manière ?…

EXPLORATION DES SOUS-SOLS DU 12 RUE FERNAND PELLOUTIER :
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Crédits photos : Orianne VATIN ; DR

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