Commémoration du centenaire de l’Armistice au cimetière Sud de Clichy

toussaint18gMalgré la pluie battante (et une fièvre intense pour moi), nous avons été nombreux ce dimanche matin à répondre à l’appel de la municipalité pour honorer les soldats morts pour la France. Aujourd’hui 11 novembre 2018 marque un anniversaire important : celui des 100 ans de la signature de l’Armistice qui mettra fin à la première Guerre Mondiale.

Le cortège, composé d’élus, d’anciens combattants, de sapeurs pompiers, d’enfants et de nombreux autres clichois, est parti à 10h30 du parvis de la Mairie, pour se rendre au cimetière Sud au son des tambours et à l’abri de dizaines de parapluies.

Une première halte sera effectuée devant le monument aux morts situé à l’entrée du cimetière. Puis, une belle cérémonie se déroulera dans le carré militaire de la 22ème division. De nombreuses gerbes seront déposées par le Souvenir Français, des associations d’anciens combattants, par Monsieur le Maire Rémi Muzeau (Les Républicains) ainsi que par madame la Députée de notre circonscription, Céline Calvez (En Marche). Heureux hasard, la patrouille de France en formation dite Diamant survolera la cérémonie alors qu’elle est en route pour les Champs-Elysées. La commémoration fut très solenelle avec de nombreux temps forts. Des collégiens clichois avaient revêtu l’habit de poilu pour l’occasion.

toussaint18jCréé dans les années 1810, le cimetière Sud était au départ commun entre Clichy et Levallois-Peret (jusqu’en 1870). Son carré militaire comprend 237 tombes. Concernant les soldats de la Grande Guerre inhumés ici, peu étaient clichois d’origine : il s’agit surtout de combattants décédés des suites de leurs blessures à l’hôpital militaire Gouin (l’hôpital Beaujon n’existait pas encore, du moins, pas à Clichy).
Dans la première rangée de sépultures, juste derrière le panneau « 22ème Division », je remarque la tombe de Mohammed BEN KANDER, qui fut le tout premier poilu à être enterré à Clichy.
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Ses obsèques eurent lieu le 26 septembre 1914 et furent relatées par Alphonse Désormeaux, Conseiller municipal de la Ville, dans son journal : « A trois heures furent célébrées les obsèques du tirailleur algérien Mohammed Benkander décédé à l’hôpital Gouin. C’est le premier troupier français qui succombe dans un hôpital de Clichy depuis la guerre. Une foule immense suivit ce brave enfant de l’Algérie à sa dernière demeure. Le deuil était conduit par les religieuses de l’hôpital Gouin, M. Gouin, le Maire, les adjoints et les conseillers municipaux. Les honneurs étaient rendus par les pompiers de Clichy et des pompiers de Paris. La bière, couverte du drapeau tricolore, disparaissait sous les fleurs. La chéchia et le dolman du défunt, qui était sergent, avaient été déposées sur le cercueil. Sur le parcours, rue du Bois (note : actuellement la rue Barbusse), se pressait toute la population. Des femmes pleuraient au passage du convoi. Pour beaucoup d’entre elles le cortège funèbre évoquait brutalement l’image du fils, du mari, dont elles ignoraient le sort à l’heure présente. Plusieurs tenaient d’humbles bouquets, qu’elles tendaient aux porteurs des pompes funèbres, qui en garnissaient la bière. Au cimetière, qu’on dut un moment fermer pour éviter l’envahissement, Mohammed Benkander a été inhumé en bordure de l’allée principale, dans la 22ème division. Au bord de la tombe, le Maire a prononcée les paroles d’adieu : A l’heure, a-t-il dit en substance, où le sol de la Patrie est envahi, où la bataille fait rage, je croirais manquer à un devoir si je n’adressais pas, au nom de la population de Clichy, le suprême adieu à ce brave Algérien tombé au champ d’honneur. L’heure n’est pas aux longs discours, mais quand même je salue en même temps tous ceux qui sont tombés, tous ceux qui tombent pour la défense sacrée de notre sol. Je m’incline respectueusement devant les religieuses qui soignent les blessés. Je remercie M. Gouin d’avoir fait évacuer son hôpital pour le consacrer exclusivement aux soins à donner aux blessés. Citoyens de France, haut les coeurs, soyons forts (…) Vive la France toujours ! Vive la France quand même ! Prononcées d’une voix vibrante, ces brèves paroles firent sur la foule une impression profonde et, malgré la tristesse des circonstances et le calme du champ de repos, les applaudissements éclatèrent ».Je croisai ensuite le chemin de Michèle, 76 ans, dont le père était aviateur durant le conflit. Bien qu’il eut la chance de ne pas y perdre la vie, il souffrira de séquelles causées par les gaz de combat dont il fut victime, et ce, jusqu’à sa mort en 1957. De quoi se rappeler que la guerre fut une horreur, une horreur qu’il ne faudra jamais oublier et surtout ne jamais recommencer.

Ci-dessous, mes photos de ce bel hommage ainsi que quelques images de cérémonies passées (cliquez sur les photographies pour les voir en grand) :

Crédit photos : Orianne VATIN / DR


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