La bascule publique de la rue du Landy

basc004Au carrefour des rues du Landy et du Guichet, juste à côté du Pavillon Vendôme, se dressait autrefois la bascule publique et son joli petit pavillon, malheureusement détruit aujourd’hui.

Les bascules publiques, ou poids public, étaient une véritable institution en France. On les trouvait dans plusieurs centaines de communes, à partir de la fin du XIXème siècle. A Clichy, l’installation de la bascule a été un peu plus tardive, puisqu’elle s’opéra en 1927.

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basc007C’est précisément le 21 octobre 1926 que le Conseil municipal approuve l’installation d’une bascule publique sur le territoire de la ville. Il faudra ensuite attendre la réalisation de plans par l’architecte-voyer (datés du 22 juin 1927) ainsi que l’approbation du devis de l’entrepreneur retenu, le 9 août 1927, pour que le projet prenne vie.

C’est la maison Boé et Paupier qui, pour une somme de 28.445 francs, va se mettre à l’ouvrage. D’abord, il a fallu dépaver la rue, pour laisser place aux fondations qui se nicheront jusqu’à 30 cm de profondeur. La plateforme de pesage et son pavillon furent ensuite construits.

basc002Concernant la plateforme, ou pont-bascule, elle se trouvait sur la chaussée, parallèlement au pavillon, et permettait d’effectuer les pesées. Sur la photographie ci-contre (qui n’a pas été prise à Clichy), vous pouvez voir une plateforme similaire sous le bovin.

20 Tonnes

Notre plateforme clichoise avait les caractéristiques suivantes, comme l’indique le devis de Boé et Paupier conservé aux archives municipales : « tablier en chêne de 6 mètres de longueur sur 2,5m de largeur et 10cm d’épaisseur, ferré de 8 bandes de fer plat pour donner prise aux chevaux ». De plus, pour protéger le milieu du tablier, « il sera fourni un faux-tablier en peuplier grisard de 6 mètres de longueur sur 1,10 mètres de largeur, garni de tasseaux chêne ». Elle était d’une grande précision, et pouvait supporter un poids allant jusqu’à 20 Tonnes, et servait à peser charettes de paille, cargaisons de vin, bestiaux, récoltes de céréales, de fruits et de légumes, etc, en général, avant de les vendre au marché ou à un acheteur.

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basc005Quant au pavillon, il abritait le « basculeur » : la balance. Il fut bâti avec, entre autres, des matériaux locaux, comme des briques de Belleville ou, pour le soubassement, des briques dures de Domont (village adossé à la forêt de Montmorency).

La bascule publique était un service municipal, et les pesées étaient facturées en fonction de la charge et de l’objet concerné. A moins que le poids du véhicule soit connu, il fallait faire la tare : on pesait le camion ou la charette à vide, puis on re-pesait avec le chargement, ce qui permettait d’en déduire le poids. La personne qui y officiait était appelée « tenancier », « régisseur de pesage », ou encore « peseur public ».

basc006Le poids constaté était noté sur des tickets en carton, qui faisaient foi en cas de vol ou de réclamation de la part de l’acheteur. Les bascules publiques étaient également utilisées dans le cadre de l’octroi, une taxation des marchandises entrant dans une commune. Mais comme Clichy était rattachée à Paris, et que son bureau d’octroi se situait au niveau de la Porte de Clichy, je ne sais pas si notre bascule était utilisée à cette fin.

basc003Avec la disparition de l’octroi, et l’avènement de nouvelles technologies, les bascules publiques ont petit à petit disparu. Concernant celle de la rue du Landy, je n’ai pas réussi à trouver à quelle date elle fut démolie (peut être dans les années 1970 ?). En tous les cas aujourd’hui, plus aucune trace de sa présence ne subsiste. Dans certains villages français en revanche, des bascules ont été conservées en parfait état. Soit au titre du souvenir, soit par utilité. En effet, certaines sont toujours en fonctionnement et permettent de réaliser des pesées pour quelques euros.

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Crédits photos : Orianne VATIN ; Archives municipales de Clichy ; DR


3 réflexions sur “La bascule publique de la rue du Landy

  1. Merci pour tous vos reportages si bien documentés.
    Votre travail de documentation doit vous prendre beaucoup de temps.
    J’espère que vous allez continuer longtemps à nous faire découvrir les facettes plus ou moins connues de Clichy la Garenne.

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  2. Merci pour cet article bien fait sur un sujet méconnu des nouvelles génération. Enfant, dans les années 1950/1960, je me souvient de ces « bascules » installé sur les « champs de foire » ou à leur proximité.
    Félicitations. André MAYO

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  3. Merci pour cet article bien fait sur un sujet méconnu des nouvelles générations. Enfant, dans les années 1950/1960, je me souviens de ces « bascules » installées sur les « champs de foire » ou à leur proximité.
    Félicitations. André MAYO

    (correction de fautes)

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