L’enfance clichoise de Fred Chichin (les Rita Mitsouko)

Fred-ChichinNotre série d’articles nous entraîne désormais au XXème siècle, en 1954 plus précisément. Cette année-là, Jean-Louis et Madeleine Chichin donnent naissance à leur premier enfant, Frédéric (qui deviendra le talentueux et très regretté guitariste-compositeur des Rita Mitsouko), à Clichy-la-Garenne.

Madeleine connaît bien cette petite ville de banlieue, puisqu’elle y est née elle aussi en 1927. Les parents de cette dernière, Marie-Louise Abello et Alphonse Brugerolle, y tenaient (à l’époque de la naissance de Frédéric) une brasserie au 22 rue Klock. Cet établissement, qui servait des spécialités auvergnates, s’appelait « Le Bon Coin », comme me l’explique Fabrice Chichin (le petit frère de Frédéric, qui évolue également dans le domaine artistique puisqu’il est artiste peintre) avec qui j’ai échangé lors de la préparation de ce sujet.

Il est amusant d’imaginer que cette adresse discrète a vu Fred Chichin faire ses premiers pas musicaux. «Dès 7 ans, avec des baguettes chinoises, il jouait de la batterie sur verres et assiettes en se prenant pour Ringo Starr, le batteur des Beatles», se souvient Fabrice.

Frédéric (qui habitait alors à Aubervilliers avec ses parents et ses frères) est beaucoup venu à Clichy pendant son enfance et son adolescence, pour rendre visite à ses grands-parents mais aussi pour les Noël en famille. «Ses grands-parents étaient très importants pour lui, ils auront une grande influence sur sa formation et conserveront toujours une place toute particulière dans sa vie (…) Honnêtes, durs à la tâche, persévérants, ils sont pour le jeune Frédéric un modèle d’intégrité, de simplicité et de ténacité. A leur école il apprend le sens des responsabilités, celui de l’effort, et cette certitude qu’on ne construit de grandes choses qu’au prix de travail et d’acharnement. Il acquiert aussi ce goût de l’ouvrage bien fait qu’il appliquera dans tous les domaines de sa vie mais tout particulièrement dans sa musique», domaine dans lequel il était perfectionniste, raconte son cadet Fabrice dans son livre « Frédéric Chichin, Les dessous Mitsouko ».

Alphonse, qui était «très érudit» et avait étudié aux Beaux-Arts, donne notamment au futur prodige de la musique française le goût de la lecture. En conséquence, Frédéric «lit beaucoup» et est très doué pour rédiger à l’école. A 14 ans, il se voit offrir sa première guitare. Peut-être est-il venu en jouer pour Alphonse et Marie-Louise à Clichy ? Ce qui est certain, en tous les cas, c’est qu’au 22 rue Klock, Frédéric Chichin a vécu de nombreux bons moments, entouré d’êtres chers.

22klockL’immeuble dans lequel était installée la brasserie n’existe malheureusement plus aujourd’hui, il a été détruit il y a quelques dizaines d’années dans le cadre de la politique de rénovation du quartier menée par la municipalité, et remplacé par un autre plus moderne. La seule trace que j’ai pu trouver du café du couple Brugerolle-Abello qui y fut installé, fut la vente aux enchères, le 7 octobre 1930 à 15 heures, du fonds de commerce qui appartenait jusque là à la famille Pichard (comme l’indique le journal des archives commerciales de France). Alphonse et Marie-Louise ont certainement dû en être les heureux acquéreurs.

Par ailleurs, les archives commerciales me permettent de lire qu’un certain Bioulac a vendu à un certain Brugerolle, le 26 mai 1930, un entrepôt de bières situé au numéro 20 de la même rue. Pratique, non ?

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Avant la famille Pichard, le fond de commerce de l’établissement du n°22 appartenait à la famille Aymard (sous la dénomination « vins-restaurant » dans l’annuaire Didot Bottin). Avant cela, l’immeuble a été vendu aux enchères le 11 juin 1921 par Maître Gauwain, notaire à Clichy. Enfin, en 1909, le fond de commerce était au nom de Codhan et fut vendu à Moulinet, pour l’activité « vins-épicerie ». Je n’arrive pas à remonter plus loin.

Ci-dessous, vous trouverez une photographie de Frédéric Chichin en compagnie de sa grand-mère, tirée de l’ouvrage biographique « Frédéric Chichin, Les dessous Mitsouko » rédigé par son frère Fabrice et reproduite ici avec l’aimable autorisation de l’auteur :

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Crédits photos : Fabrice Chichin ; Archives de la BNF ; DR


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